L’année 2010 marque un tournant sans précédent dans les pays du monde arabe. Les régimes autoritaires en place depuis de nombreuses décennies sont mis à mal. Les prémices du printemps arabe ont lieu à Alger lors d’une protestation contre les prix des produits alimentaires. S’ensuit une révolte populaire qui atteint nombre de populations arabes.
Quel évènement est à l’origine de l’embrasement populaire qui va émailler les régions d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient ? Comment la jeune génération a-t-elle pris en main les manifestations contre ces États oligarchiques ?
L’AFTIA retrace l’histoire de cette période de conflits nationaux.
Le soulèvement des peuples en faveur des libertés individuelles
Des manifestations commencent à apparaître au cours de l’année 2010 en Algérie. Ces rassemblements font face à une forte répression des autorités. Les gouvernements des pays du monde arabe sont à l’aube de connaître la révolte la plus importante de ces dernières années. Le peuple arabe est à la recherche de ses libertés et compte bien le faire savoir.
L'acte déclencheur du Printemps arabe
Les mobilisations non violentes dans les rues d’Alger qui consistaient à s’asseoir sur la voie publique en signe de protestations ont subi la répression des pouvoirs en place. Peu après, un camp de protestataires séparatistes à Laâyoune se voit démantelé par les responsables politiques marocains. Ces actions pour les libertés individuelles et publiques sont les prémices d’un mouvement qui va naître d’un événement dramatique.
La colère du peuple arabe prend sa source en Tunisie. Un jeune vendeur ambulant qui vend ses fruits et ses légumes à la criée dans les rues de Sidi Bouzid se fait régulièrement réprimander par les services de l’administration tunisienne. À 19 ans, Mohammed Bouazizi essaie de faire vivre une famille entière avec les maigres bénéfices de son activité.
L’homme de 26 ans se fait confisquer toutes ses denrées et son matériel pour la énième fois le 17 décembre 2010. Souhaitant récupérer ses affaires, il se fait expulser des bureaux de la municipalité. Dans un geste désespéré, Mohammed Bouazizi exprime une dernière fois sa colère et son exaspération en s’immolant par le feu devant le siège du gouvernorat.
L'expansion de la révolte à l'ensemble des pays du Monde arabe
Les premières vagues de manifestations tunisiennes ont contraint le président de la République Zine El-Abidine Ben Ali à quitter le pouvoir le 14 janvier 2011.
Le symbole des révolutions arabes, le slogan « Erhal ! » (dégage !), utilisé lors des protestations en Tunisie, est repris dans l’ensemble des peuples des pays du monde arabe.
Les contestations nationales se multiplient et plusieurs dirigeants au pouvoir depuis des décennies sont pointés du doigt pour l’application de leur politique autoritaire. Les différents gouvernements sont sommés d’agir en faveur des libertés et de la démocratie.

Dans certains pays, le président est contraint de quitter ses fonctions :
- Ali Abdallah Saleh au Yémen ;
- Samir Rifaï est remplacé par Maarouf Bakhit en Jordanie ;
- Hosni Moubarak en Égypte ;
- Mouammar Kadhafi en Libye.
Dans d’autres pays, le gouvernement en place met en place de lourdes réformes, avec à sa tête :
- Abdelaziz Bouteflika en Algérie ;
- Qabus ibn Saïd à Oman ;
- Abdallah 1er en Arabie Saoudite ;
- Bachar el-Assad en Syrie ;
- Mahmoud Abbas en Palestine ;
- Mohammed VI au Maroc ;
- Hamed ben Issa el Khalifa à Bahreïn.
Malgré les importantes réformes et les nombreuses démissions, les révolutions du printemps arabe n’auront pas eu les effets escomptés par la population.
La dimension sociale à l'origine du Printemps arabe
La situation démographique des pays de l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient joue un rôle important dans le déclenchement des contestations à l’origine du printemps arabe. En effet, ces pays disposent d’une forte communauté de jeunes individus qui représente près d’un tiers de la population. Les nouvelles technologies sont alors utilisées par la jeune génération pour protester contre l’oppression du régime en place.
La jeune génération engage la révolution Facebook
Les médias sociaux, arrivés au cours des années 2000, sont ancrés dans les mœurs lorsque les évènements à l’origine des contestations du printemps arabe ont lieu. La jeune génération, qui représente près d’un tiers de la population du monde arabe dans les années 2010, tire profit de ce nouveau canal de communication pour outrepasser les médias de masse et la répression de la liberté d’expression.
Par exemple, de nombreuses manifestations sont organisées sur les réseaux comme Facebook ou Twitter. Celles-ci sont créées afin de générer des regroupements importants et de protester contre les politiques autoritaires et oligarchiques en place. Les nouvelles technologies jouent un rôle prépondérant dans les doléances des peuples arabes à leur gouvernement.
Ainsi, l’ensemble des citoyens arabes ont pu mettre en lumière plusieurs scènes lors des mobilisations en marge du printemps arabe :
- diffusion d’images et de vidéos ;
- témoignages de manifestants ;
- preuves d’exaction policières.
Les États, n’étant pas équipés pour maîtriser ces nouveaux outils technologiques, n’ont pas pu contrôler les informations publiées sur Internet.
En effet, les réseaux sociaux ont eu un rôle majeur dans la préparation, dans l’information et dans la prise de conscience des intérêts des contestations du printemps arabe.
Le combat pour les libertés
Le soulèvement populaire, parti de la Tunisie, a atteint l’ensemble des pays du monde arabe (mis à part le Qatar), avec l’objectif d’obtenir de meilleures conditions de vie. Dans ces régions d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient, les libertés d’ordres sociaux manquent grandement. Les régimes politiques au pouvoir exercent une autorité importante sur la population.
Les contestations du printemps arabe avaient pour ambition :
- de concevoir de nouvelles libertés individuelles et publiques ;
- d’abolir la kleptocratie ;
- de réduire le chômage ;
- d’améliorer la qualité de vie ;
- de réduire le coût de la vie ;
- de tendre vers une démocratie.

La volonté des peuples arabes était d’instaurer la démocratie. Ceci leur permettait de toucher du doigt ces libertés individuelles et publiques en forçant la démission des dictateurs en place depuis des décennies.
À l’image de Mohammed Bouazizi, de nombreux citoyens arabes ont perdu la vie dans les affrontements de la population face aux régimes autoritaires et oligarchiques. Les évènements de 2011 ont toujours des répercussions disparates sur la vie quotidienne des peuples concernés par les protestations du printemps arabe.
Malheureusement, dans certains pays, les manifestations du printemps arabe n’ont pas eu les effets escomptés. Entre coup d’État, guerre civile et retour au pouvoir des gouvernements autoritaires, la révolution tant attendue par le peuple arabe pour les libertés n’a pas été suffisante pour renverser les pouvoirs en place.
Retrouve les sujets historiques développés par l’AFTIA dans notre rubrique « Culture, art & civilisation ». Tu découvriras l’article qui relate l’origine de la langue arabe.



