La langue française dispose d’un nombre important de mots qui proviennent de l’étranger et qui ont intégré les dictionnaires officiels. Les mots arabes participent à l’évolution de notre langue, et sont historiquement ancrés dans nos habitudes langagières. À l’origine du métissage culturel, des conquêtes militaires ou encore du commerce international, ces termes sémitiques constituent la troisième source linguistique empruntée par le français.
Quels sont les mots arabes que l’on emploie tous les jours ? Dans quels registres sont-ils usités ? Comment ont-ils intégré les tours de phrase qui composent la communication des francophones ?
Voici la sélection de l’AFTIA des mots arabes utilisés en français dans un langage familier, au quotidien et issus du domaine de la science.
Les mots arabes utilisés en français dans un lexique familier
Les cours d’arabe que nous te proposons te permettront de comprendre le sens et l’origine des mots arabes. Ceux-ci proviennent d’un langage oral issu de la transmission de la culture arabe à travers le parler dialectal.
Chouïa
La locution adverbiale « chouïa » est empruntée à l’arabe maghrébin en 1866. Ce langage, qui appartient à l’arabe dialectal, signifie « un peu » ou « petit à petit » en arabe classique. En français, « chouïa » est utilisé dans un langage familier pour exprimer la proximité entre deux sujets. Ce terme masculin peut accepter l’orthographe « chouia ».Définis en son sens premier par « doucement », c’est au retour des soldats français d’Algérie que « chouïa » trouve sa définition d’aujourd’hui.
Kif
« Kif » provient une nouvelle fois de l’arabe maghrébin et signifiait autrefois « ressentir une sensation de plaisir due aux effets d’une drogue ». Ainsi, par extension, « kif » désigne aujourd’hui une « joie », un « bonheur absolu ». Il peut également exprimer la « bonne chère » en prenant le sens d’un accueil chaleureux ou un bon repas que l’on partage avec enthousiasme.

Ce terme fait partie des mots arabes ayant intégré le dictionnaire Larousse. « Kif » y figure depuis 2014.
Seum
« Seum » est un des mots arabes qui est à l’origine des expressions employées par les nouvelles générations. Dans le langage familier, « avoir le seum » signifie « être dépité » ou encore « éprouver du ressentiment ». Ce terme sémitique a pour sens « venin », « poison » dans sa langue originelle.
Employé dans les cités au cours des années 2000, « seum » s’est aujourd’hui démocratisé. Tu peux retrouver cette locution dans de nombreuses œuvres musicales appartenant au rap entre autres.
Les mots arabes employés au quotidien
Lorsque tu assisteras à tes premiers cours d’arabe en ligne, tu te rendras compte que tu utilises de nombreux termes sémitiques. En effet, nous employons les locutions du monde arabe tout au long de la journée.
Jupe
« Jupe » provient de l’arabe jobba qui signifie « pelisse courte ». Les mots arabes du domaine du textile sont nombreux en France, on peut citer « coton », « satin » ou encore « gilet » par exemple. « Jupe » représentait auparavant une toge ou un vêtement du dessous porté par les hommes.
Ce n’est qu’à partir du XVIIe siècle que l’Italie emprunte ce terme sémitique et le féminise. Giubba définit la tenue que revêtent aujourd’hui les femmes.
Magasin
En 1228, les bateaux marseillais étaient autorisés à stocker leurs marchandises dans les mahazin des ports du Maghreb. Ce mot d’origine arabe est devenu « magasin » en français au XIVe siècle.

Ce terme, qui provient de l’arabe médiéval, a un impact sur son homonyme « magazine ». En effet, étant utilisé par les Anglais pour définir de grands dépôts d’informations, il se féminise lors de son entrée en France afin de se distinguer de « magasin ».
Qhawa
La présence française en Algérie est à l’origine de ce terme sémitique emprunté à l’arabe au XIXe siècle. La liqueur apéritive d’antan, appelée qahwa en arabe, représente de nos jours la boisson chaude que l’on connaît.
Le terme qahwa définit aussi bien le grain de café que la boisson énergisante. La force, dite qoua en arabe, qui représente une des propriétés de ce liquide, pourrait être à l’origine de ce mot arabe.
Les termes scientifiques provenant de l'arabe
La première influence de la langue arabe sur le français est due aux sciences. En effet, les mots arabes, passés par l’Espagne musulmane, sont aujourd’hui utilisés dans tous les domaines scientifiques du monde occidental depuis le Moyen-Âge.
Algèbre
« S’assurer de l’expérience de quelque chose » est la définition originelle du mot arabe āl-ǧabr. Emprunté à l’arabe par le latin médiéval, ce terme sémitique arrive en France à la fin du XIVe siècle.
Composé des racines consonantiques [dj] [b] et [r], l’étymon arabe āl-ǧabr représente une idée de « réduction », de « contrainte ». En effet, l’algèbre est la branche des mathématiques qui s’adonne à la résolution des problèmes complexes en proposant des solutions plus simplistes.
Algorithme
Al-Khawarizmi, mathématicien et astrologue irakien, qui a introduit l’algèbre en Europe, est à l’origine du mot « algorithme ». Ce terme sémitique désigne les différentes techniques de calcul des chiffres. Il provient de la transcription phonétique de Algaurizin, qui, par ailleurs, est également à l’origine des mots scientifiques « logarithme » et « arithmétique ».

L’article arabe al a formé plusieurs mots de notre dictionnaire. Tu peux le retrouver dans les termes « alcool », « Algérie », « almanach » ou encore « alcôve ».
Chiffre
Sifr, qui désigne le chiffre zéro par sa définition de « vide », de « néant », fut nommé ainsi par les Arabes. Les mots arabes à l’origine de « chiffre » et de « zéro » sont donc intimement liés. C’est alors que, lors de son passage en Italie, zéro a fait son apparition dans la forme que l’on connaît aujourd’hui.
Le zéro est l’un des premiers mots arabes à avoir été emprunté par le français à la langue arabe.
À travers cet article, tu as peut-être constaté que tu utilises de nombreux termes sémitiques d’une manière fortuite ou non. Le français a adopté plus de 450 mots arabes dans son lexique. Toutefois, l’apprentissage de la langue arabe nécessite un investissement important du fait des différences linguistiques qui existent entre les deux langues.
Tu souhaites en savoir davantage et apprendre l’arabe ? Ne cherche plus ! nous te dévoilons les 3 raisons de franchir le pas pour te lancer dans une nouvelle aventure linguistique. L’AFTIA t’accompagne tout au long de ta formation en arabe afin que tu puisses découvrir la culture et comprendre le sens des mots de cet idiome sémitique.
Article rédigé par Jérôme DUCHEMIN/Pleine Plume



